Monika Scholtze s'étonne de l'émoi provoqué par sa conduite :

"Je ne roule qu'à 50 km/h, au plus, et simplement dans les villages et la campagne du voisinage, pour faire mes emplettes et me rendre à l'église". AFP - date: 05.08.2004

Habitante de Piskowitz, un tout petit village de Saxe (est), Mme Scholze circule pratiquement toujours en vélomoteur, sauf pour les pèlerinages qu'elle fait à pied. Elle possède sa "Schwalbe" (ndlr : hirondelle en français) depuis 1982, une pièce devenue quasiment de collection, le combinat d'Allemagne de l'est la fabriquant ayant fait faillite il y a quatre ans, succombant au choc de la réunification.

Avec sa coiffe noire satinée qui descend jusqu'au pot d'échap-pement, Monika Scholze, 63 ans, est au guidon de son vélomoteur made in RDA une rebelle : elle refuse de porter le casque, pourtant obligatoire selon le code de la route allemand.

Monika Scholtze : Délinquante sénile sur sa Schwalbe dans la campagne Sorabe...

Cette agricultrice fait partie d'une poignée de grands-mères ir-réductibles, sorabes (une minorité slave implantée dans l'est de l'Al-lemagne) qui portent chaque jour le costume traditionnel de leur peuple : une jupe, un tablier, un chemisier et cette fameuse coiffe noire qui tombe jusqu'au pied et empêche de mettre un casque.

Environ 60.000 personnes déclarent appartenir à la minorité sorabe, mais elles sont encore beaucoup moins nombreuses à parler couramment la langue, proche du slovaque.

Les Sorabes sont les derniers descendants de tribus slaves installées depuis le 7ème siècle en Allemagne, de nos jours cantonnés dans la région de Cottbus et Bautzen, près de la frontière germano-polonaise.

Jusqu'à l'an passé, elle bénéficiait, comme les autres grands-mères sorabes, d'une autorisation spéciale, seulement en vigueur dans l'ex-RDA. Car le régime communiste, soucieux de ne pas oppresser cette petite minorité, avait permis aux Sorabes "coiffées" de conduire sans casque.

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