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Les
Caisses de Christophe Tarkos sont pleines d'un
monologue farfelu qui rebondit de tautologies
remâchées en coq-à-l'âne
cocasses. La phrase, ressassée et
précipitée, semble n'y avoir d'autre
but que de vider le sens qu'emporte sa
mécanique : « Le monde est une seule
grande oreille, remplit rempile Remplissement
Remp-lissement Rempilement Rengorge-ment
Remblaiement Remballement ». Cette rythmique
dit seulement : voyez comment va cette phrase,
comment elle fait sa bulle d'inanité sonore,
s'amuse et s'abolit : « C'est une
élévation de bulles/ Un lancer de
ballons plus légers que l'air/ D'en bas en
haut de la page/ Une bulle se forme à chaque
lettre de l'alphabet ». [...]
Derrière, bien sûr, il y a, met-tant
à distance l'excentricité
expression-niste des avant-gardes récentes
(trivialités carnavalesques, pathos du corps
et passion néologique), le souvenir de
l'Objectivisme et de l'ironique grammaire poetic'
d'Olivier Cadiot. Et, plus loin, la
répétitivité non-figurative,
plane et tautologique de Gertrude Stein.
[...]Ce presque rien qui revient sans cesse
inquiéter l'idylle ahurie entre choses et
langues, ça s'appelle peut-être
poésie.
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